Infarctus : les femmes en première ligne
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Quand les jours raccourcissent et que la lumière décline, le moral en prend souvent un coup. Faut-il y voir une réaction normale ou un trouble plus sérieux ? Si le terme de « dépression saisonnière » est désormais entré dans le langage courant, cette pathologie reste entourée de nombreuses idées reçues. Que sait-on vraiment de ce mal hivernal ? Nous avons demandé au Pr Michel Lejoyeux, psychiatre, de nous aider à démêler l’écheveau.
Contrairement à une idée reçue, la dépression saisonnière n’est pas une simple baisse de moral hivernal. Cette affection, reconnue médicalement sous le nom de trouble affectif saisonnier (TAS), est une forme spécifique de dépression, avec des symptômes similaires à ceux d’un épisode dépressif caractérisé : perte d’envie, fatigue persistante, baisse de l’estime de soi et émotions négatives permanentes.
« Ce qui distingue ce trouble des autres formes de dépression, explique le Pr Michel Lejoyeux1, chef des services de psychiatrie et d’addictologie des hôpitaux Bichat-Claude Bernard et Maison Blanche (Paris), c’est son lien direct avec les saisons et la baisse de la lumière naturelle en automne et en hiver. »
En France, le TAS toucherait moins de 5 % de la population.
Les épisodes dépressifs débutent généralement à l’automne, se poursuivent en hiver, puis s’atténuent spontanément au printemps, lorsque l’exposition à la lumière naturelle augmente. Mais attention aux faux espoirs. « Ce n’est pas parce que cette pathologie suit un rythme saisonnier qu’il faut la banaliser et ne pas la traiter », alerte le Pr Lejoyeux.
Les symptômes peuvent durer plusieurs mois, avec un retentissement important sur la vie personnelle et professionnelle des patients. En outre, il s’agit d’un trouble récurrent, l’amélioration liée aux beaux jours n’étant souvent que temporaire.
La prise en charge de la dépression saisonnière repose en premier lieu sur la luminothérapie, notamment pour les formes légères à modérées. Elle consiste à s’exposer chaque jour, le matin, durant trente à quarante-cinq minutes, à une lumière artificielle blanche à large spectre proche de celle du soleil.
Cette exposition est sans danger pour les yeux lorsqu’elle est bien encadrée. Si elle permet une amélioration des symptômes dans 60 à 90 % des cas selon les études, elle doit parfois « s’accompagner d’une psychothérapie, voire d’un traitement antidépresseur », souligne le Pr Lejoyeux.
Le déclencheur de la dépression saisonnière étant le manque de lumière, certains ont émis l’idée qu’une carence en vitamine D pouvait être impliquée, cette dernière étant synthétisée par la peau sous l’effet des rayons ultra-violets. Mais les études menées jusqu’à présent n’ont pas confirmé cette hypothèse.
« Il y a certes quelques cas de carences profondes en vitamine D qui augmentent le risque de dépression, mais imaginer qu’on va prévenir le trouble affectif saisonnier par une simple cure de vitamine D relève du fantasme », assure le Pr Lejoyeux.
On le sait, la sédentarité et l’inactivité physique ont des effets néfastes sur la santé. Ils constituent des facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, de diabète et de cancer. Mais ils font également « du mal aux émotions », insiste le Pr Lejoyeux.
À l’inverse, chez les personnes souffrant de dépression, quelle qu’en soit l’origine, « trois séances d’activité physique par semaine d’une durée de quarante-cinq minutes ont un effet comparable à celui des antidépresseurs, comme en témoignent un certain nombre d’études récentes », indique le psychiatre.
Ce qui ne veut pas dire qu’il faille arrêter les antidépresseurs prescrits par son médecin pour les remplacer par du sport, mais compter, aussi, sur les bénéfices de l’exercice physique pour améliorer ses symptômes.
1Le Pr Michel Lejoyeux est l’auteur de L’Aventure de la bonne humeur (éd. Robert Laffont).
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